Débat – 22 mars 2018 « Nous sommes tous des universitaires turques »

By Nathalie CAU | Conférence/Présentation, journées d'étude & colloques, News, Vie du laboratoire | 0 Comments

Printemps des utopies et des libertés

 

Jeudi 22 mars 2018 de 14h30 à 16h30

Amphithéâtre du bâtiment Max Weber

Université Paris Nanterre

« Nous sommes tous des universitaires turques ».

Ouverture par Jean-François Balaudé,

président de l’Université Paris Nanterre

 

Débat modéré par Sylvain Bourmeau (AOC/France Culture) avec le concours de Pascale Laborier (ISP) et d’Emmanuel Wallon (HAR), professeurs à l’Université Paris Nanterre.

 

Dans le cadre de la commémoration des événements de 1968, dont la journée du 22 mars à Nanterre avait marqué le déclenchement, « Le printemps des utopies et des libertés » s’interroge en prologue sur l’actualité des menaces qui pèsent aujourd’hui sur la liberté de penser, de créer ou tout simplement d’exercer sa profession. Si le cœur de la discussion portera sur la situation actuelle des chercheurs, des intellectuels et plus spécifiquement des défenseurs des droits de l’homme en Turquie,  elle visera  aussi à prendre part aux échanges sur les dérives autoritaires déplorées dans d’autres pays d’Europe et du monde, dont le dernier rapport d’Amnesty International dresse l’inquiétant bilan. Des collègues accueillis par le programme PAUSE apporteront leurs témoignages. Robin Renucci prêtera sa voix aux paroles des absents.

 

Invités :

 

– Robin Renucci, comédien et metteur en scène, directeur des Tréteaux de France (CDN), président de l’association des centres dramatiques nationaux.

– Levent Yilmaz, professeur d’histoire intellectuelle et culturelle à l’Université Bilgi d’Istanbul et à l’Université Koç, directeur du Akmed-Centre de recherche sur l’histoire méditerranéenne, conférencier au Collège de France en 2018.

– Cécile Coudriou, présidente d’Amnesty international France, enseigne les médias, la culture et la communication dans les pays anglophones, à l’UFR Sciences de la communication de Paris 13.

– Zeynep Kivilcim (par skype), professeure associée de droit international public au Institute for Advanced Study Berlin/ WIKO Berlin

Engin Sustam, chercheur en sciences sociales, spécialiste de l’espace kurde (Experice-Paris 8 / Université de Genève), accueilli en France par le Programme national d’aide à l’Accueil en Urgence des Scientifiques en Exil (PAUSE), membre de la BAK-France (Solidarité avec les universitaires pour la paix et Défense des droits humains en Turquie).

– György Karsai (sous réserve), professeur à l’Université de l’Art du théâtre et du film de Budapest et de l’Université de Pécs.

– Jean-Charles Szurek, directeur de recherche émérite au CNRS (en science politique), spécialiste de la Pologne.

– Deux chercheurs (venus de Syrie et d’Irak) accueillis dans le cadre du Programme national d’aide à l’Accueil en Urgence des Scientifiques en Exil (PAUSE).

– Laura Lohéac, directrice exécutive du Programme national d’aide à l’Accueil en Urgence des Scientifiques en Exil (PAUSE) auprès du Collège de France.

 

 

Biographie des intervenants

 

Sylvain Bourmeau, producteur de l’émission « La Suite dans les idées » sur France Culture, est également professeur associé à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales et directeur du quotidien en ligne AOC (Analyse, opinion, critique : https://aoc.media). Depuis la fin des années 80, il a eu le bonheur de prendre part au lancement de trois réussites médiatiques durables : la revue de science politique Politix, l’hebdomadaire Les Inrockuptibles (dont il fut le directeur adjoint de la rédaction entre 1994 et 2008) et le quotidien en ligne Mediapart (dont il a fait partie du petit groupe de journalistes fondateurs entre 2008-2011). Il fut, par ailleurs, directeur adjoint de la rédaction de Libération.

 

Cécile Coudriou, élue présidente d’Amnesty international France (AIF) en février 2018, enseigne les médias, la culture et la communication dans les pays anglophones à l’UFR Sciences de la communication de Paris 13. Elle a d’abord milité dans un groupe local d’AIF, puis au sein de son propre campus de l’Université Paris 13. Elle a assumé des responsabilités locales puis régionales (Ile-de-France et Nord) et enfin nationales à partir de 2008, année où elle rejoignit l’équipe dirigeante bénévole. Elle occupa la fonction de vice-présidente d’AIF entre 2012 et 2014, puis en 2016, tout en étant l’une des principales porte-parole de l’organisation (www.amnesty.fr/presse/cecile-coudriou-nouvelle-presidente-damnesty-international).

 

György Karsai, spécialiste de philologie classique, effectuera un séjour comme professeur invité à l’Université Paris Nanterre à l’automne 2018. Ancien professeur à l’Ecole normale supérieure, à l’Université de Paris X Nanterre, à l’Université de Strasbourg, à l’Université de Lille3 et à l’Université de Caen, il est actuellement professeur à l’Université de l’Art du Théâtre et du Film de Budapest et de l’Université de Pécs (Hongrie). Ses domaines de recherches sont: l’épopée homérique, le théâtre grec (surtout Sophocle et Euripide), le théâtre indien classique, histoire de la philologie classique pendant la période du communisme dans les pays socialistes (1945-1989), la mise en scène des drames grecs aujourd’hui. Ses publications paraissent dans les revues spécialisées en hongrois, en français et en anglais. Parmi ces dernières : « Parole et silence des devins dans le théatre antique. La divination et la faute tragique dans l’ Hippolyte d’ Euripide », GITA 6 (1990-1991) p 161-171 ; « Les étrangers dans Oreste d’Euripide »,  in: M-F. Marein, P. Voisin, J. Gallego (ed.), Figures de l’étrangers autour de la Méditerranée antique. À la rencontre de l’Autre, Paris, L’Harmattan 2010, p. 109-116 ; « Classical Philology in Hungary in the Second Half of the Nineteenth Century and the Reception of Classical Greek Theatre », in G. Klaniczay-M. Werner-O.Gecser (eds.), Multiple Antiquities – Multiple Modernities. Ancient Histories int he Nineteenth Century European Cultures, Campus Frankfurt-New York 2011, p. 563-572 ; « A Classical Philologist trapped in the Net of the State Security: The Case of János Sarkady », in Classics and Communism. Greek and Latin Classics Behind the Iron Curtain, Ed. by György Karsai, Gábor Klaniczay, David Movrin, Elzbieta Olechowska, Budapest, Ljubljana, Warsaw 2013, p. 79-118.

 

Zeynep Kivilcim est professeure associée de droit international public au Institute for Advanced Study Berlin/ WIKO Berlin. Elle a étudié à l’Université d’Ankara et à l’Université Paris 2 Panthéon-Assas.

Ses travaux portent sur l’État, la souveraineté, la nationalité. Elle s’est notamment intéressée à l’exode des Syriens et aux changements intervenus dans les paradigmes juridiques de la protection internationale des réfugiés. Parmi ses récentes publications : Kivilcim, Zeynep, Jane Freedman, and Nurcan Özgür Baklacioglu, A Gendered Approach to the Syrian Refugee Crisis, New York: Routledge, 2017 ; « Articulating Human Rights Discourse in Local Struggles in the Neoliberal Age », in The Politics of Legality in a Neoliberal Age, ed. Ben Golder and Daniel McLoughlin, New York: Routledge, September 2017 ; « Legal Violence against Syrian Female Refugees », Feminist Legal Studies 24 (2016) p. 193-214 ; « Human rights, asylum and migration in Turkey », in Migration, asylum, and refugees in Turkey : studies in the control of population at the Southeastern borders of the EU, ed. by Nurcan Özgür Baklacioğlu and Yesim Özer, Mellen, 2014, p. 127-163

 

Pascale Laborier est professeure de science politique à l’université de Nanterre et membre de l’Institut des Sciences Sociales du Politiques (ISP). Elle dirigeait auparavant le Centre Marc Bloch à Berlin. Ses travaux et publications portent sur la genèse des politiques culturelles en Allemagne, le rapport entre savoir et pouvoir (sciences camérales) et plus récemment sur les migrations. Elle a été Conseillère sciences humaines et sociales auprès du Secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur et la Recherche, Thierry Mandon, de août 2015 à mai 2017. Outre un Plan pour les SHS, elle a contribué à des actions de solidarité de solidarité internationale pour les migrants, en particulier la création du programme et le lancement du Programme d’aide à l’accueil en urgence des scientifiques en exil (PAUSE), la coordination des dispositifs  d’accueil pour les étudiants migrants et la création d’une interface Welcome Refugees. Elle participe  au groupe Migrants pour l’enseignement supérieur (MEnS) mis en place avec le soutien de la Conférence des présidents d’université (CPU) et contribue à l’expertise pour les politiques politiques (par exemple en Allemagne) et organise une conférence internationale à Berlin, les 27-29 juin 2018 (avec le soutien de la COMUE Paris Lumières), « Endangered Scholars and Rescue Policies. Recent Research and Future Prospects ». Dernier ouvrage paru : Sociologie de Berlin, Paris, La Découverte, 2016 (avec Denis Bocquet).

 

Laura Lohéac est directrice exécutive du Programme national d’aide à l’Accueil en Urgence des Scientifiques en Exil (PAUSE) auprès du Collège de France. Ancienne élève de l’École normale supérieure de Lettres et Sciences humaines, elle a été chercheuse rattachée au Centre de recherches internationales de Sciences Po Paris (CERI).

 

Robin Renucci est comédien et metteur en scène. Il succède à Marcel Maréchal en juillet 2011 à la direction des Tréteaux de France qui poursuivent leur mission de création et contribuent à inventer de nouvelles formes de théâtre. Il a découvert le théâtre en participant à des stages de réalisation organisés par des conseillers techniques et pédagogiques de la Jeunesse et des Sports. Il fut élève à l’Atelier-École Charles Dullin de 1975 à 1977, puis au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique dans les classes de Jean-Paul Roussillon, Pierre Debauche, Marcel Bluwal et Antoine Vitez. Fondateur et président de L’ARIA (www.ariacorse.org) en Corse, il y organise depuis 1998 les Rencontres internationales artistiques. Président de l’Association des centres dramatiques nationaux depuis décembre 2017, Robin Renucci est administrateur de l’ADAMI, président du Conseil d’Administration de L’Ecole nationale supérieure des arts et techniques du théâtre (ENSATT Lyon, www.ensatt.fr) et professeur au Conservatoire national supérieur d’art dramatique (http://www.cnsad.fr). Nombreux sont les rôles qu’il a incarnés au théâtre, au cinéma et à la télévision (http://www.treteauxdefrance.com/les-treteaux-de-france/robin-renucci).

 

Engin Sustam est chercheur en sciences sociales et spécialiste de l’espace kurde (Experice-Paris 8 / Université de Genève). Il a fait ses études à l’Université des Beaux-arts de Mimar Sinan à Istanbul et à l’EHESS. Signataire de l’Appel pour la paix, diffusé en janvier 2016, avec 1129 consœurs et confrères, il a été contraint à l’exil. Accueilli en France par le Programme national d’aide à l’Accueil en Urgence des Scientifiques en Exil (PAUSE), il participe aux actions de la BAK-France (Solidarité avec les Universitaires pour la Paix et Défense des Droits Humains en Turquie).

 

Jean-Charles Szurek est sociologue. Directeur de recherche émérite au CNRS (en science politique), spécialiste de la Pologne, il a dirigé l’Institut des sciences sociales du politique (ISP) à l’Université Paris Ouest Nanterre la Défense de 2003 à 2010. Après avoir travaillé sur la transition postcommuniste (gestion du passé communiste, conversion des anciennes élites), il consacre depuis une dizaine d’années l’essentiel de ses recherches aux relations judéo-polonaises sous l’angle des rapports histoire-mémoire. Depuis, 2003, il appartient à un réseau de recherche international, dirigé par le professeur Jan Grabowski (université d’Ottawa), chargé de mener des comparaisons interrégionales durant l’Occupation allemande en Pologne, il a conduit une recherche sur la région de Lukow (voïvodie de Lublin). Parmi ses derniers ouvrages : La Grande Conversion. Le destin des communistes en Europe de l’Est, en coll. avec G.Mink, éd. du Seuil 1999 ; Écriture de l’Histoire et Identité Juive. L’Europe ashkénaze, XIXe-XXe siècle, co-dir., Paris , éd. Les Belles Lettres, 2003 ; Juifs et Polonais 1939-2008, en co-dir. avec A. Wieviorka, Paris, éd. Albin Michel, 2009 ; La Pologne, les Juifs et le communisme, Paris, éd. Michel Houdiard, 2010.

 

Emmanuel Wallon est professeur de sociologie politique à l’Université Paris Nanterre et professeur invité à l’Université de Louvain-la-Neuve. Membre de l’équipe de recherche « Histoire des arts et des représentations » (HAR, EA 4414), du comité de rédaction des revues L’Observatoire (Grenoble), Nectart (Toulouse) et Études théâtrales (Louvain-la-Neuve), ses travaux et publications portent sur les rapports entre les arts et les pouvoirs, et sur les politiques culturelles en France et en Europe. De 2011 à 2017, il a animé avec Marcel Bozonnet et Jack Ralite l’Appel d’Avignon à la solidarité avec le peuple syrien. Dernier ouvrage paru: Scènes de la critique, Actes Sud, Arles, 2015.

 

Levent Yilmaz a enseigné l’histoire intellectuelle et culturelle à l’Université Bilgi d’Istanbul et à l’Université Koç où il a aussi dirigé Akmed-Centre de recherche sur l’histoire méditerranéenne. Ses recherches portent sur l’historiographie européenne (du XVIe au XVIIIe siècles). Il a travaillé avec François Hartog à l’EHESS où il a défendu sa thèse de doctorat sur la Querelle des Modernes. Ses travaux récents portent sur les théories de la sociabilité, l’historiographie des origines et la formation du contrat social (de Machiavel à Vico) et le politique comme objet des sciences humaines. Il a été Senior Braudel Fellow (European University Institute), Directeur d’études invité à l’EHESS et Mellon Fellow à Harvard University, Villa I Tatti. Il a obtenu la bourse Prestige 2016-2017 et la bourse Marie Curie Fellow et sera accueilli au GEHM. Il est membre associé du Centre de recherches historiques (CRH) de l’EHESS.

 

 

 

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