Journée d’étude Genèse et histoire du musée documentaire (1900-1960)

By Nathalie CAU | Archives scientifiques, journées d'étude & colloques, News | 0 Comments

Vendredi 29 septembre 2017 Université Paris Nanterre Auditorium du bâtiment Max Weber

 

Cette journée d’étude, organisée par la BDIC et l’EA 4414 HAR (UPN)

dans le cadre d’un projet de recherche soutenu par le labex Les pas-
sés dans le présent, succède à un premier volet en 2016 consacré à

l’émergence du concept de musée documentaire au XIXème siècle.
Au tournant du XXème siècle, le document écrit n’est plus la seule référence pour
nombre d’entreprises, privées autant que publiques, qui tentent de capter les traces du
présent pour une mémoire à venir. Dès son apparition, la photographie bouleverse le

sens des collections de documentation historique, sociale ou folklorique qui se multi-
plient en Europe et en Amérique, en s’imposant en media indispensable à la compré-

hension de la modernité, autant que le son enregistré, puis le cinéma. Peu avant la

Grande Guerre, deux initiatives emblématiques élargissent le concept de musée docu-
mentaire, bien au-delà des pratiques observées auprès des sociétés d’amateurs pho-
tographes ou des nouveaux musées d’histoire et d’ethnologie. Avec les Archives de la

Planète, le banquier et philanthrope français Albert Kahn entreprend un inventaire

photographique du monde, au moment même où le bibliographe belge Paul Otlet théo-
rise la pratique documentaire par des traités qui marquent durablement les esprits.

La Grande Guerre modifie les perspectives. Elle transforme le rapport aux objets de la
documentation et au temps de l’expérience historique, renforçant l’idée d’une histoire

« d’en bas », reflet de l’emprise du conflit sur la société tout entière. La révolution russe pro-
page l’idée de la construction d’une mémoire documentaire de la « révolution mondiale »

à venir (Musée de la révolution à Moscou). Après 1920, il s’agit aussi de servir la paix : de
nombreuses entreprises documentaires sont animées, comme l’ensemble des institutions

issues de la SDN, par cette préoccupation, où la fonction documentaire joue un rôle essen-
tiel, impulsée par de nombreux savants soucieux d’organiser collectivement la diffusion

des connaissances (Institut international de coopération intellectuelle). Le Mundaneum
que développe Otlet à Bruxelles (1920-1034) et le Wirtschaftsmuseum d’Otto Neurath à

Vienne prolongent les expériences de musées documentaires du siècle précédent en of-
frant, par exemple, des expériences de visualisation de la documentation sociale ou éco-
nomique à des fins didactiques, tandis que des institutions nouvelles en Europe, comme

la London School of economics, l’International Institute of social history d’Amsterdam
ou la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine de Paris constituent
des fonds en appui aux acteurs sociaux ou politiques. Les années trente voient aussi la
concrétisation de réflexions muséographiques anciennes s’appuyant sur le concept de

documentation (Paul Rivet au Musée de l’Homme issu du Musée d’ethnographie du Tro-
cadéro, ou Georges Henri Rivière au Musée national des arts et traditions populaires).

Quels sont les liens tissés entre ces différents programmes documentaires ?
Quelles sont les représentations communes qui sous-tendent ces entreprises ?
Le but de cette seconde journée d’étude est de mettre en lumière une culture

commune de la mémoire documentaire des sociétés contemporaines en croi-
sant les exemples sur une échelle internationale, en montrant les trans-
ferts de savoirs et de techniques documentaires et en retraçant l’évolu-
tion parallèle ou commune du statut toujours ambigu du « document ».

Matinée
9h – Accueil
9h15 – Introduction : Christian Joschke (Université Paris Nanterre) et Valérie Perlès (Musée
Albert Kahn)
9h45 – Conférence inaugurale : Elizabeth Edwards (De Montfort University, Leicester)
From Museum to Library and back again: Photographs, dissemination and the ‘distributed
archive’

1900 : Le musée documentaire : de l’intention à la réalisation

Modération : Valérie Tesnière (BDIC)
11h00 – Anne Sigaud (Musée Albert Kahn)
Le projet documentaire d’Albert Kahn entre palpable et impalpable
11h30 – Bertrand Müller (CNRS)
Paul Otlet et le Mundaneum : de la fiche au musée, les avatars de la documentation
12h – Claire-Lise Debluë (Université de Lausanne)
Le savoir en mouvement. Corps, machines et documents dans les musées sociaux autour de la
Première Guerre mondiale
12h30 – Débats et conclusions de la matinée
13h00 – Pause déjeuner
Après-midi

Les musées documentaires, produits d’événements historiques :

La Grande Guerre et la Révolution russe

Modération : François Brunet (Université Paris Diderot)
14h00 – Caroline Fieschi et Valérie Tesnière (BDIC)

La BDIC, une position ambigüe entre Bibliothèque – Musée de la guerre et Office de documenta-
tion internationale

14h30 – Emilia Koustova (Université de Strasbourg)
Les musées d’histoire de la révolution à Moscou et Saint-Pétersbourg
15h00 – Pause

Expériences de musées documentaires 1930-1960 :
Autour de Paul Rivet de Georges-Henri Rivière

15h15 – Carine Peltier (Musée du Quai Branly)
La réorganisation du musée d’ethnographie du Trocadéro 1928-1937, les nouvelles méthodes de
travail sur les collections
15h45 – Pascal Riviale (Archives Nationales)
La documentation folklorique aux origines du Musée national des Arts et traditions populaires ?
16h15 – Discussion
16h45 – Synthèse : François Brunet (Université Paris Diderot)

Adresse
Université Paris Nanterre, 200 avenue de la République, 92000 Nanterre
Bâtiment Max Weber, auditorium

Comité d’organisation

Valérie Tesnière (BDIC) et Christian Joschke (HAR-EA 4414, Université Paris Nanterre)

Accès

RER A ou ligne L au départ de Saint-Lazare
(Station Nanterre Université)

Contact

communication-bdic@bdic.fr – 01 40 97 79 33
Site internet de la BDIC : www.bdic.fr

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Entrée libre dans la limite des places disponibles

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